Pastiche

La première goulée d’air

Qu’elle s’annonce prometteuse, la première goulée ! On happe l’air dès la première seconde, avec une combativité pour ainsi dire désespérée. Toute la promesse de l’évènement réside dans la juste puissance de l’inspiration qui rend la naissance parfaite. La séparation brutale, accentuée par un braillement, un hurlement, ou un cri similaire n’est que le bouleversement annonciateur d’une destinée inconnue dont on espère tout, sans le comprendre encore.

La dernière goulée d’air

Comme elle semble périlleuse et incertaine, la dernière goulée ! On l’aspire en feignant de prendre son temps, un instant suspendue dans un hoquet, dans un renoncement à peine conscient. Le destin est tapi là, dans l’attente de la minute suivante : Le souffle court annonçant l’achèvement redouté; la souffrance pesante trahie par un soupir, un râle ou un silence équivoque; la perception impalpable que l’éternité va déboucher sur l’inconnu …On espère que la fin de l’agonie sera le début d’autre chose, sans rien savoir de l’après qu’on imagine et qu’on craint déjà.