Ne plus jamais laisser passer notre tour

Pour toute réponse, j’aspirai ton prénom en retenant mon souffle, sans oser y croire. Ton appel si longtemps espéré était inattendu : tu m’avais retrouvée, au hasard d’une connaissance commune. En l’espace d’un instant je retrouvai mes vingt ans : ni ride, ni douleur, ni poignée d’amour. Toi mon amant clandestin, mon amour dissimulé, tenu secret… Exilé mais pas oublié après toutes ces années. Le ravissement de notre unique week-end afflua comme si nous nous étions quittés la veille : Ces trois jours passés à Porto sur des airs de Fado, à s’embrasser en godinette, rire, chuchoter, se répéter que nous étions faits l’un pour l’autre, sans rien nous promettre de peur de tout gâcher. Un amour en aparté, sans remettre en cause nos vies déjà toute tracées : c’était juste toi et moi, entre passion et interdit. Trois petites journées pour une éternité.