Le dernier saut de piaf

Malgré le jour qui pointait, les arbres l’empêchaient d’évaluer sa position. Il connaissait bien cette falaise : Il y en avait au pied, mais également sur un éperon rocheux à mi-hauteur. À quel niveau se trouvait-il donc ? Il regarda vers le bas et distingua le sol à plusieurs mètres à travers la végétation. Mais ça ne prouvait rien. Il savait qu’on ne pourrait jamais le voir, même en hélicoptère : les arbres le masquaient. Il leva la tête et au travers des branchages, aperçut le ciel dans lequel tournoyait un vautour. L’idée qu’il puisse se repaître de sa propre chair acheva de le désespérer. Il s’égosilla tel un oisillon, mais la roche étouffait les sons étranglés qu’il s’évertuait à sortir de sa gorge râpeuse : Inaudible, invisible. Pris au piège comme un insecte dans une toile d’araignée, s’il était à mi-hauteur sur la falaise comme il le redoutait, on ne le retrouverait sans doute jamais.